Coupe chou - Annabelle Boyer
Coupe chou
Avec quoi tu la dores ? Roux, fauve, noisette, écureuil, abricot, pain d’épices, avec toutes ses nuances précieuses d’or, d’argent, d’airain…. Affole-t-elle les femmes ou affame-t-elle les folles ? Volutes ? droites ? Dis avec quoi tu l’adores ?
Tu la portes aux nues. Est-ce ta part animale qui fait de toi l’homme abouti, l’être complet, l’artiste esthète, l’épicurien gentleman ? Rebelle, elle te fait beau, t’habille brin par brin, dénué de toute autre artifice. Tu la portes au nu.
Tu deviens paysage : jardin à la française, savane brûlante, maquis inextricable. Tous les rêves qui les suivent s’y baladent cheveux au vent, sauvages et élégants. Ame et regard pénétrants, fil d’une eau courbée sous le vortex, cabrée au méplat d’un rocher. Tu deviens pays sage ?
Jardin des sens…. Tous y sont conviés. Une main passe dedans. Des doigts fins, longs et souples, entre les bulbes, qui jardine les tiges, dents de binette à rebrousse-poil. Le frisson de bise, le puits des ondes obscures l’animent et le pénètrent. Jarres d’indécence.
Le silence au mystère : « Qu’as-tu à dire, que tu ne suggères que par l’ellipse d’un chapelet d’îlots au fond des algues : tes yeux, ta bouche. Du Viking au héros antique, du Diable au Seigneur, patriarche ou korrigan, tu ne t’en dépares pas. Tu t’y caches et t’y révèles. » Mais le silence omis se terre.
Barbacane ou barbe hautine, sa vie ne tient qu’à un fil : celui du rasoir. Pourtant, elle grandit au fil du temps, tu y tiens, capiteux capillaire, elle est toi et au-delà, murmure de l’attribut qui pimente ta vie. Barbes de tout poil, votre caresse est un délice.
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